Alors que le nombre d’infections et de décès liés au nouveau coronavirus continue d’augmenter dans de nombreuses régions à travers le monde, la pandémie devrait ralentir cet été, a déclaré Zhang Wenhong, le chef de l’équipe de spécialistes dans le traitement des cas de COVID-19 à Shanghai.

Mercredi, au cours d’une conférence en direct avec plus de 10 000 homologues étrangers sur son expérience de traitement clinique et de recherche à Shanghai et en Chine, il a fait savoir que la pandémie devrait être maîtrisée au cours des prochains mois. Les Etats-Unis ont commencé à prendre des mesures contre la propagation de la contagion et cela aidera également au ralentissement de la propagation.

« Les deux à trois prochains mois seront critiques pour la lutte conjointe contre la propagation du virus au niveau mondial. […] Toutefois, je ne pense pas que le virus sera éliminé d’ici la fin de cette année… il pourrait y avoir un rebond dans la courbe cet hiver. C’est difficile à prédire », a précisé Zhang Wenhong, qui est également le directeur du Département des maladies infectieuses à l’hôpital de Huashan à Shanghai.

Invité le 17 mars à partager son expérience dans la lutte contre le COVID-19 par le biais d’une liaison vidéo avec le Consulat général de Chine à Düsseldorf en Allemagne, Zhang Wenhong a annoncé qu’il prévoyait que le pic de la pandémie mondiale serait atteint entre avril et juin, et que le nombre de patients diminuerait ensuite.

« Cependant, il pourrait subsister un petit nombre de patients et un autre pic léger pourrait subvenir au printemps prochain. […] Nous devons également prendre en considération le fait que les pays dans l’hémisphère Nord et l’hémisphère Sud ont des saisons inversées. Ils pourraient donc s’exporter des cas les uns vers les autres et nous devons peut-être nous préparer à ce que la contagion dure une à deux années », a-t-il poursuivi.

Mercredi, au cours de la retransmission en directe organisée par la Chinese American Biopharmaceutical Society (CABS), la Beijing Well-Being Foundation et le Département de psychologie de l’Université Tsinghua, Zhang Wenhong a déclaré que le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) était courant parmi les cas les plus graves de COVID-19 et qu’il était crucial que ces patients reçoivent de l’oxygène.

L’un des avantages de Shanghai est que la ville possède des dispositifs adéquats d’assistance respiratoire, à la fois invasive et non invasive. Jusqu’à présent, le taux de mortalité des cas de COVID-19 dans l’ensemble des pays affectés se situe entre 3 % et 4 %, tandis qu’à Shanghai celui-ci est inférieur à 1 %.

Concernant les mesures de protection pour les professionnels de la santé, Zhang Wenhong a indiqué qu’il était important que ces équipements soient fournis en quantités suffisantes : « Le personnel médical et infirmier à Shanghai reçoit également des masques à pression positive, lorsque des procédures médicales sont réalisées sur des patients, car il y a un risque de transmission par aérosols », a-t-il souligné.

Selon lui, certains membres du personnel médical et infirmier traitant des patients atteints du COVID-19 à Shanghai rentrent par ailleurs chez eux : « En plus des mesures de protection personnelle adéquates et standard à l’hôpital, ils lavent leur visage, particulièrement le nez et la bouche, lorsqu’ils arrivent chez eux. Ils vivent avec leurs familles, mais mangent séparément », a-t-il expliqué.