Les propos tenus lundi par le président chinois Xi Jinping lors d'une réunion virtuelle sur les relations entre la Chine avec l'Union européenne (UE) sont cruciales pour la coopération multilatérale et la reprise économique mondiale, ont estimé des experts.

S'adressant aux dirigeants européens, il a déclaré que les deux parties devaient adhérer aux principes de la coexistence pacifique, de l'ouverture, de la coopération et du multilatéralisme, ainsi qu'à celui du dialogue pour un développement sain et stable de leurs relations.

M. Xi s'est exprimé ainsi lors de d'une réunion tenue par liaison vidéo avec la chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays assume actuellement la présidence tournante de l'UE, le président du Conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Christine Bierre, rédactrice en chef du magazine français Nouvelle solidarité et experte à l'Institut Schiller France, a pensé que les quatre principes visant à favoriser les relations UE-Chine proposés par M. Xi à cette occasion sont objectifs et rationnels. Ils tracent la voie du développement futur des relations bilatérales et envoient un signal positif concernant la défense de la paix, de la stabilité et de la prospérité dans le monde.

L'UE et la Chine ont proposé une série d'arrangements spécifiques pour approfondir davantage cette coopération, démontrant pleinement que la coopération multilatérale était la tendance de l'époque, a estimé Mme Bierre.

Pour George Tzogopoulos, directeur des programmes UE-Chine au Centre international de formation européenne (Cife), un groupe de réflexion basé à Nice, en France, le résultat le plus important de cette réunion est que l'UE et la Chine montrent au monde leur consensus en faveur d'une coopération plus étroite.

La proposition de M. Xi a reçu une large approbation en Europe, a-t-il assuré.

Sylwester Szafarz, ancien consul général de Pologne à Shanghai, a jugé que cette réunion, organisée sur fond de bouleversement mondial en raison de la pandémie, est le dernier témoignage en date du bon partenariat entre la Chine et l'Union européenne.

"Il ne fait aucun doute que l'accord signé et le consensus atteint lors de ce sommet donneront non seulement des résultats fructueux à long terme aux parties concernées, mais aussi aux peuples de tout le continent eurasien et même du monde entier", a-t-il dit.

"J'appelle l'UE et la Chine à travailler ensemble afin de surmonter les obstacles existants afin d'apporter des résultats plus diversifiés et plus riches à l'Initiative la Ceinture et la Route, ainsi qu'à d'autres causes communes entre l'Europe et la Chine, ainsi qu'à promouvoir les relations amicales et coopératives entre l'Europe et la Chine pour prendre davantage de hauteur", a exhorté M. Szafarz.

Andras Inotai, ancien directeur de l'Institut de recherche sur l'économie mondiale à l'Académie des sciences de Hongrie, a pensé que cette réunion UE-Chine a été importante en ce moment crucial où le monde lutte contre la pandémie de nouveau coronavirus et cherche à relancer l'économie mondiale.

En tant que grandes puissances mondiales, l'UE et la Chine ont souligné à cette occasion l'importance de défendre et de renforcer le multilatéralisme, ce qui est dans l'intérêt commun des deux parties et contribue à renforcer la reprise économique mondiale dans l'ère post-épidémique, a-t-il ajouté.

Martin Murray, directeur général et cofondateur d'AsiaMatters, un groupe de réflexion basé en Irlande, a estimé vital pour l'UE et la Chine de travailler ensemble pour stimuler la reprise mondiale.

La signature officielle de l'accord Chine-UE sur les indications géographiques protégées (IGP) démontre l'engagement commun à travailler ensemble pour créer des avantages commerciaux réciproques et fournir aux consommateurs des produits de haute qualité.

Le sommet "peut être considéré comme un signe de l'attention que l'UE porte à l'Asie en général et à la Chine en particulier", a analysé Liviu Muresan, président du groupe de réflexion EURISC basé à Bucarest.

L'expert roumain a souligné à quel point il devient essentiel que les dirigeants de l'UE travaillent à une relation durable et globale avec la Chine, une relation qui couvrirait divers domaines allant de l'économie à la politique en passant par les technologies, la santé, le changement climatique, ainsi que certaines questions sensibles, notamment les droits de l'Homme.

"En un mot, nous pouvons considérer que le sommet virtuel (de lundi) a été un succès, puisqu'un consensus sur les indications géographiques protégées a été obtenu. D'autre part, le processus pour parvenir à un accord sur les investissements UE-Chine a été accéléré et le dialogue durable sur le climat, l'environnement et les problèmes informatiques est en progression", s'est félicité M. Muresan.