Il y a environ six mois, lorsque Koudougou Kabré a vu pour la première fois un ruisseau d'eau sortir du puits et arriver dans la rizière, il a éclaté de joie. Cet agriculteur savait que la terre aride devant lui deviendrait désormais un champ à haut rendement.

M. Kabré est un agriculteur du Burkina Faso. Ce pays enclavé dans le sud du Sahara bénéficie d'une main-d'œuvre agricole et d'un ensoleillement suffisants. Cependant, en raison d'une courte saison des pluies et d'un manque d'installations d'irrigation, la production annuelle de céréales est insuffisante. Environ 60% des aliments dans ce pays dépendaient à un moment des importations.

En juillet 2018, à peine deux mois après le rétablissement des relations diplomatiques entre la Chine et le Burkina Faso, la première mission agricole chinoise est arrivée dans le pays pour lui offrir une assistance agricole.

"Les précipitations annuelles moyennes dans la capitale du Burkina Faso sont de 743,8 mm, soit davantage qu'à Beijing et à Londres", a indiqué Hu Yuzhou, actuel chef de la mission agricole chinoise au Burkina Faso. Cela signifie que le pays ne manque pas d'eau au sens absolu du terme, mais il ne parvient pas à retenir et à bien utiliser les ressources en eau, a-t-il indiqué à l'Agence de presse Xinhua.

Dans le village de Tintilou de la province de Kadiogo, où vit M. Kabré, les ressources en eau sont extrêmement limitées. Par le passé, les habitants ne pouvaient cultiver la terre que pendant quatre mois environ de l'année. Pour les aider à obtenir des sources d'eau stables, les experts chinois ont finalement réussi à forer de l'eau après plus de trois mois d'étude de terrain, de conception et de construction.

En outre, ils ont également achevé la construction de trois puits de pompage fonctionnant à l'énergie solaire et deux réservoirs, ce qui a permis non seulement d'augmenter la production alimentaire locale, mais aussi d'assurer la fourniture en eau potable pour les habitants et le bétail.

Selon M. Kabré, les installations de conservation d'eau construites par les experts chinois et la technologie de production qu'ils ont apportée ont multiplié par trois le rendement rizier. Aujourd'hui, il plante des choux, des tomates et des carottes, ces cultures nourrissent non seulement sa famille, mais devraient également lui rapporter plus de 800.000 Francs CFA (environ 1.400 dollars) de revenus par an.

Selon les données publiées par le ministère burkinabé de l'Agriculture en 2020, la production de riz a atteint 450.000 tonnes dans le pays, soit une augmentation de 40% par rapport à 2017.

Gaoussou Sanou, secrétaire technique national de l'Initiative présidentielle pour le développement de la riziculture, a déclaré que cette croissance était indissociablement liée à l'aide du gouvernement chinois et au travail ardu des membres de la mission agricole chinoise ces deux dernières années.

Soutenir le développement agricole de l'Afrique et la sécurité alimentaire est un domaine important de la coopération entre la Chine et l'Afrique. Lors du sommet de Beijing du Forum sur la coopération Chine-Afrique tenu en septembre 2018, la Chine a déclaré qu'elle travaillerait pour construire une communauté de destin Chine-Afrique, mener "huit initiatives majeures", mettre en œuvre 50 projets d'assistance agricole et envoyer 500 agronomes de haut niveau, afin d'aider l'Afrique dans ses efforts visant à réaliser pour l'essentiel la sécurité alimentaire d'ici 2030.

Des projets ont déjà été lancés. A Madagascar, au Nigeria, au Cameroun et dans d'autres pays, le riz, aliment de base traditionnel des Chinois, a non seulement été servi sur les tables des habitants locaux, mais a aussi aidé ces derniers à augmenter leurs revenus pour mener une meilleure vie.

Dans le village de Linga 4 de la province de Bubanza, au Burundi, un champ de démonstration de 45 hectares a produit quatre saisons de riz hybride depuis août 2018, et le revenu net des agriculteurs a été multiplié par plus de quatre.

Yang Huade, chef de la mission agricole chinoise au Burundi, a indiqué qu'au fil des ans, chaque famille du village était parvenue à une production excédentaire de céréales et possédait désormais des économies. "Des enfants qui avaient interrompu leur scolarité à cause de la pauvreté sont retournés à l'école, et certains grands ménages agricoles ont construit des maisons à deux niveaux. La vie des villageois s'est considérablement améliorée".

Même si les résultats sont satisfaisants, les agronomes chinois restent concentrés sur les champs, essayant de promouvoir les expériences réussies dans plus de régions.

Au Mozambique, la rizière expérimentale de l'expert chinois He Changyong a établi en 2019 un record local de rendement, avec une production de 11,07 tonnes par hectare. Sur cette base, l'institution nationale agricole du Mozambique a mis en service une base de sélection des semences de riz de dix hectares.

"Notre rizière d'essai mesurait moins d'un hectare il y a deux ans, mais maintenant nous avons une base à grande échelle qui intègre la production conventionnelle de semences de riz et les tests de variétés de riz", a déclaré Cheila Klironomos Sequeira Martins Chiconela, de l'Institut national d'agriculture. "Cela aurait été impossible sans l'aide des experts chinois."

Pour M. He, l'objectif final des expérimentations sur le riz est de trouver des variétés et méthodes adaptées pour les habitants locaux, afin que plus de gens puissent se nourrir de leurs propres mains. Cette année, il a commencé la culture d'un nouveau type de riz pour Alicezenia Gumende, un agriculteur de la province de Maputo, avec un objectif de production de plus de six tonnes par hectare.

Selon des statistiques incomplètes, la Chine a signé des mémorandums ou des protocoles sur la coopération agricole avec près de vingt pays africains, construit des centres de démonstration agricole dans plus de vingt pays africains et envoyé près de 100 missions agricoles dans près de 40 pays. Au total, plus de 300 variétés de cultures ont été testées dans les pays africains, et plus de 500 technologies pratiques ont été transmises.

"Entre mon enfance, lorsque je manquais d'aliments et de vêtements, et maintenant, j'ai connu d'énormes changements dans le développement agricole de la Chine", a indiqué Hu Yuzhou, ajoutant que les conditions naturelles de l'Afrique n'étaient pas pires que celles de la Chine et que, par conséquent, leur expérience agricole pourrait être utile à l'Afrique.