"M. Yuan a un rêve, celui de semer le riz hybride dans le monde entier, et notre tâche, c'est de réaliser ce rêve." Le 22 mai marque le premier anniversaire de la mort du professeur Yuan Longping, connu comme le "père du riz hybride". Tout en rendant hommage à M. Yuan, beaucoup de gens vont continuer de faire des efforts pour réaliser ce rêve.

Song Chunfang, agronome au Centre national chinois de recherche et de développement sur le riz hybride, se souvient encore des conseils que leur a donnés M. Yuan, avant qu'il ne parte avec son groupe d'assistance pour Madagascar, en octobre 2020.

Bien que la situation mondiale de l'épidémie de COVID-19 ait finalement empêché cette mission en Afrique, les cours de formation en ligne ont pris le relais pour l'assistance technique agricole chinoise sur ce continent, ce qui apporte une contribution non négligeable à la sécurité alimentaire africaine.

Dans son bureau de la société Longping Agriculture Science Co., Ltd. (LongPing Agriscience), à Changsha, capitale de la province chinoise du Hunan (centre), Chen Xiaoliang prépare soigneusement les cours du deuxième cycle de formation de l'année, qui aura lieu en juin, à la technologie du riz hybride.

M. Chen, âgé de 51 ans, a fait partie de l'équipe d'experts du projet de coopération technique agricole de la Chine en faveur du Libéria, de 2006 à 2010, et a passé près de cinq ans en Afrique à enseigner et promouvoir les techniques de culture du riz hybride et d'autres plantes. Au Libéria, M. Chen et ses collègues ont formé plus de 1.800 personnes durant cette période, tout en entretenant une forte relation avec les amis locaux.

Avant l'épidémie, les programmes de formation chinois en matière de technologies agricoles pour l'Afrique se déroulaient principalement hors ligne : d'un côté, les agronomes chinois se rendaient en Afrique pour former des talents agronomes locaux, et de l'autre, les agriculteurs, les étudiants et les fonctionnaires en provenance de différents pays africains venaient en Chine pour participer à divers programmes de formation agricole.

Lors de son retour en Chine, M. Chen poursuit son travail de formation aux technologies agricoles pour les participants des pays en développement, à l'Institut international de formation de LongPing Agriscience. Il se rappelle notamment que Ramon Manga Angue Eyenga et Jose Esono Nculu Nchama, deux stagiaires de Guinée équatoriale, qui ont suivi des cours sur la culture du riz hybride en 2018, ont apporté en Chine cinq livres sur la culture du riz à la main pour les donner au professeur Yuan Longping avant une session de formation, en 2019.

Face à l'impact de la COVID-19 sur la mobilité internationale des personnels, les unités telles que LongPing Agriscience, chargées de la mise en oeuvre des programmes de formation agricole offerts par la Chine à l'Afrique, explorent activement les modes de formation à distance en ligne.

En début d'une session, chaque stagiaire fera une présentation sur la situation actuelle de l'agriculture de son pays, les difficultés spécifiques rencontrées et les objectifs de développement à atteindre, afin que les agronomes chinois puissent leur donner des conseils ciblés en fonction de la situation dans leur pays. Plus d'une demi-heure est réservée lors de chaque séminaire pour répondre aux questions, et résoudre les problèmes des stagiaires sur la théorie et la pratique. "Pendant ce temps, ils sont très enthousiastes et l'atmosphère de la classe est très vivante," a déclaré M. Chen.

Les enseignants conservent les coordonnées des stagiaires et leur rendent visite après un certain temps pour évaluer comment les techniques agricoles enseignées et promues sont appliquées dans la production, et sur le lieu de travail, ainsi que l'impact qu'elles ont eu sur le développement alimentaire. "Nous avons créé des groupes WeChat et WhatsApp pour rester en contact avec nos stagiaires dans les zones difficiles où il est compliqué de se rendre actuellement", explique M. Chen. "Nous les guidons à distance dans l'application des techniques à la plantation en échangeant des messages et des photos."

En effet, certains experts restent encore dans des pays tels que le Sénégal et la Gambie pour contribuer aux programmes de formation agricole par le biais de démonstrations sur le terrain, et par d'autres moyens permettant de diffuser plus efficacement la technologie.

"Nous essayons également depuis l'année dernière d'enregistrer des leçons vidéo", a indiqué Liu Famou, directeur de l'Institut international de formation de LongPing Agriscience, mettant ainsi en avant la volonté de réduire le décalage horaire et les signaux de communication instables qui freinent l'enseignement et l'apprentissage.

"M. Yuan a un rêve, celui de semer le riz hybride dans le monde entier, et notre tâche, c'est de réaliser ce rêve," a déclaré Huang Dahui, un ancien collègue de M. Yuan. L'année dernière, parmi de nombreuses unités de formation en technologie agricole, seule LongPing Agriscience a organisé 12 sessions de formation en ligne, formant quelque 807 personnes, et cette année encore, une session a permis de former 45 participants.