Le Fonds monétaire international (FMI) a mis en garde mardi contre de nouveaux vents contraires pour l'économie mondiale et la montée en flèche de l'inflation dans le monde en raison du conflit russo-ukrainien, tout en exprimant l'espoir que la Chine restera un moteur de la croissance mondiale.

"Nous constatons des faiblesses supplémentaires dans l'économie mondiale", a averti Gita Gopinath, la première directrice générale adjointe du FMI basé à Washington, lors d'un entretien à Xinhua, en marge de la réunion annuelle du Forum économique mondial (FEM) à Davos, en Suisse, ajoutant que le conflit crée "un immense stress dans le monde entier avec des prix des matières premières élevés partout".

En avril, le FMI prévoyait dans ses "Perspectives de l'économie mondiale" un ralentissement de la croissance mondiale, passant d'environ 6,1% en 2021 à 3,6% en 2022 et 2023. Cela représente 0,8 et 0,2 point de pourcentage de moins pour 2022 et 2023 que ce qu'il avait prévu en janvier.

Interrogée sur ses perspectives pour l'économie chinoise, Mme Gopinath a déclaré : "En ce moment, il y a des vents contraires à court terme en raison de la COVID, du confinement et d'évolutions dans le secteur immobilier. Si la Chine peut faire face à ces vents contraires, elle demeurera bien sûr l'un des moteurs importants de la croissance mondiale".

Selon le Bureau national des statistiques de Chine, le produit intérieur brut (PIB) chinois a augmenté de 4,8% en glissement annuel au premier trimestre, marquant un début régulier en 2022 face aux défis mondiaux et à une résurgence des cas de COVID-19.

Selon le rapport d'avril du FMI, l'inflation mondiale est projetée à 5,7% en 2022 dans les économies avancées et à 8,7% dans les marchés émergents ainsi que les économies en développement, soit 1,8 et 2,8 points de pourcentage de plus que la projection de janvier.

Mme Gopinath a affirmé que la pression inflationniste restait une préoccupation majeure : "Dans la plupart des pays du monde, l'inflation globale atteint des niveaux record en raison de la hausse des prix de l'énergie et des denrées alimentaires".

"C'est pourquoi nous voyons les banquiers centraux réagir beaucoup plus fortement et de façon agressive à l'inflation en augmentant les taux d'intérêt plus fortement que prévu. Cela a bien sûr des implications pour les économies émergentes et en développement où la dette est déjà assez élevée, et le risque que leurs coûts d'emprunt augmentent beaucoup plus rapidement est un véritable élément de stress", a-t-elle poursuivi.

La responsable du FMI s'est également dite inquiète de la tendance actuelle à la démondialisation : "C'est une autre grave préoccupation pour nous, qui est le phénomène de découplage, de fragmentation du monde en blocs géo-économiques".

"La pandémie a rendu les gens davantage conscients de la nécessité de résilience dans leurs chaînes d'approvisionnement mondiales (...) Mais il est très important que la politique commerciale ne conduise pas à la fragmentation du monde, car cela peut être très coûteux pour la croissance mondiale".

La réunion annuelle 2022 du FEM se tient actuellement du 22 au 26 mai. Il rassemble près de 2.500 dirigeants des milieux politique et des affaires, de la société civile et des médias du monde entier.