Le président élu, Emmanuel Macron a nommé mercredi sur proposition du Premier ministre Edouard Philippe, un gouvernement à la fois paritaire et représentatif des différents courants politiques et de la société civile. Parmi les 22 membres de ce nouveau gouvernement - 18 ministres et 4 secrétaires d'Etat - seuls quatre ont déjà occupé une fonction ministérielle, et un nombre important parmi eux sont issus de la société civile.

Il s'agit du ministre d'Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot (président Fondation Hulot pour la nature et l'homme), de la ministre de la Culture, Françoise Nyssen (directrice d'Actes Sud), de la ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'innovation, Frédérique Vidal (présidente de l'Université de Nice), de la ministre des Sports, Laura Flessel (championne olympique d'Escrime), de la secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel (présidente de la Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap).

Cette liste des personnalités de la société civile est complétée par des cadres de l'administration comme Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale (ancien directeur de l'enseignement scolaire et directeur général de l'ESSEC), la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn (présidente de la Haute autorité de Santé), la ministre du Travail, Muriel Pénicaud (PDG Business France, agence publique), la ministre auprès de la Transition écologique, chargée des Transport, Elisabeth Born (PDG RATP).

Cette ouverture à la société civile avec de nouveaux visages s'inscrit dans le cadre du renouvellement promis pendant la campagne électorale par le candidat Emmanuel Macron. Autre promesse tenue par le nouveau président, la représentation des différents partis politiques dans le gouvernement.

Le MODEM (centre) de François Bayrou, ministre d'Etat, ministre de la Justice, le Parti socialiste, notamment les modérés souteneur de Macron, à l'instar de Gérard Collomb (ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur) ou de Jean-Yves Le Drian, ancien ministre de la Défense devenu ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, et la droite (LR) qui a hérité du ministère de l'Economie (Bruno Le maire) et du ministère de l'Action et des Comptes publics (Gérald Darmanin) sont membres de l'équipe gouvernementale.

La parité est également l'une des caractéristiques de ce gouvernement du quinquennat Macron avec 11 hommes et 11 femmes. Seulement voilà, cette ouverture à la droite est considérée comme une trahison par la direction du parti Les Républicains. "Ils (les ministres LR) sont désormais des acteurs d'un gouvernement provisoire dont le seul objectif sera de soutenir et défendre les candidats En marche ! portant un projet d'augmentation d'impôt qu'ils ont combattu par le passé, c'est leur responsabilité", a réagi François Baroin qui doit mener LR aux élections législatives.

Selon le député Eric Ciotti, ses camarades qui ont regagné le gouvernement ont préféré les places à leur conviction, "on le déplore et constate par la même qu'ils ont quitté notre famille politique". La presse révèle que le secrétaire général du parti, Bernard Accoyer a déjà adressé une lettre au Premier ministre et aux deux ministres LR nommés, pour leur signifier qu'en acceptant le poste, ils ont choisi de quitter d'eux-même leur famille politique.

Pour le candidat de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon, le plus frappant dans la constitution de ce gouvernement c'est "le Premier ministre nucléariste, la présence de Nicolas Hulot qui pour nous est un facteur et la présence à la tête de l'Education nationale de quelqu'un qui a été un directeur de l'ESSEC qui est une école remarquable dans son genre c'est-à-dire pour faire du commerce et lié à l'Eglise catholique", a-t-il critiqué.

Quant au FN, on critique l'absence de renouvellement, le PS, LR, le Centre étant selon eux, les mêmes. "Il n'y a pas cette promesse de renouvellement et sur le fond c'est la même politique de soumission à l'Union européenne qui continue. Je crois qu'il n'y a pas d'espérance à ce gouvernement", a estimé le vice-président du FN, Florian Phillippo.