D’ici la fin de l’année, quinze régions de niveau provincial mettront en place des lignes rouges pour délimiter des zones protégées.

La Chine a désigné 610000 km2 de son territoire comme zones écologiques clés, ayant le statut d’environnement fragile. Ces zones couvrent quinze régions provinciales - dont Beijing - et visent à renforcer la protection écologique, a annoncé lundi le ministère de la Protection environnementale.

Les zones protégées, approuvées par le Conseil des affaires d’Etat, couvrent près de 25 % du territoire total de ces régions, incluant onze régions provinciales le long du bassin du fleuve Yangzi.

Elles ont été délimitées comme l’exigeait un document publié en début d’année dernière par les autorités centrales, qui inclut la mise en place de « lignes rouges » pour la protection écologique dans une stratégie nationale plus large. Les « lignes rouges », hongxian (红线) en mandarin, sont fréquemment utilisées en Chine pour décrire les frontières géographiques qui ne doivent pas être franchies.

Le document souligne, que le principe des lignes rouges pour la protection écologique vise à réglementer et gérer de manière stricte les zones où le développement industriel et/ou commercial est interdit, en accord avec la loi, afin de préserver l’écologie nationale.

Des portions majeures de ces zones ont des fonctions écologiques importantes ou abritent un environnement fragile. Toutes les réserves naturelles sont incluses dans ce type de zones protégées, a indiqué Cheng Lifeng, le directeur du Département de préservation écologique et naturelle du ministère de la Protection environnementale.

« Typiquement, la taille de ces zones ne peut pas être réduite, mais seulement augmentée. L’approbation du Conseil des affaires d’Etat doit précéder toute réduction envisagée », a-t-il ajouté.

Selon lui, les autorités sont en train d’élaborer des réglementations sur mesure pour les zones ayant différentes fonctions écologiques. Par ailleurs, des listes de ce qui sera autorisé seront rédigées pour faciliter la gestion et les mesures de protection.

« Ces réglementations seront rédigées après avoir sollicité largement les opinions des gouvernements locaux et de la population, afin de s’assurer qu’elles sont pratiques et effectives », explique Cheng Lifeng.

Celui-ci a également indiqué que les gouvernements locaux débuteront rapidement le travail de démarcation et mettront en place des panneaux de délimitation des zones protégées, avec pour objectif de finir ce travail d’ici la fin du mois de juin.

Gao Jixi, le directeur de l’Institut de Nanjing pour les sciences environnementales et haut-conseiller du ministère pour la stratégie des lignes rouges, explique que ces dernières ont été déterminées à la suite d’évaluations scientifiques basées sur l’intégrité des systèmes écologiques, plutôt que sur les divisions administratives.

Le travail le plus complexe et le plus chronophage, afin de déterminer où fixer les lignes rouges, est de coordonner les décisions avec les plans majeurs de développement.

« La base fondamentale pour fixer les lignes rouges est l’évaluation scientifique. Si l’évaluation a déterminé qu’une zone était essentielle pour l’intégrité et la protection du système écologique, la priorité sera donnée à la protection. Les espaces de développement peuvent être réservés uniquement à la condition sine qua non que la protection [écologique] est garantie », explique-t-il.

Le ministère et la Commission nationale du développement et de la réforme (CNDR) guideront et aideront les autres régions provinciales à fixer les lignes rouges d’ici la fin de cette année.

Le ministère de la Protection environnementale a également annoncé qu’une plateforme de supervision avait été lancée pour un coût de 286 millions de yuans (37 millions d’euros) et qu’elle serait achevée d’ici la fin 2020 pour surveiller les zones délimitées par les lignes rouges.