L’activiste local pour « l’indépendance hongkongaise », Edward Leung Tinkei, est âgé de 27 ans. Il a été condamné lundi à six ans de prison par la Cour Suprême de Hong Kong pour « émeute » et « agression des forces de l’ordre » lors de l’émeute de Mong Kok en 2016.

Lo Kin-man, 31 ans, qui se trouvait également sur le banc des accusés, a écopé de sept ans de prison pour cette émeute. La condamnation de Lo Kin-man est la plus sévère imposée pour ces violences, qui se sont déroulées les 8 et 9 février 2016. Il s’agit également de la condamnation la plus dure pour une émeute dans l’histoire de la ville.

Wong Ka-kui, 27 ans, a plaidé coupable au chef d’accusation d’émeute dès le début du procès. Il a été condamné à trois ans et demi de prison.

Au cours du procès, la juge Anthea Pang Po-kam a indiqué que l’émeute déclenchée dans deux des rues les plus animées de Hong Kong - à savoir Argyle Street et Portland Street à Mong Kok - constituait un « crime organisé », car celle-ci a été commise par un groupe de plus de 200 personnes, dont la plupart étaient masquées et portaient des armes.

Décrivant un incident « de grande ampleur et extrêmement grave », la juge a expliqué que les condamnations données se basaient sur les violences commises de la part des accusés et les effets graves de leurs actes sur la société.

« La Cour ne permettra jamais aux individus de recourir à des moyens illégaux pour poursuivre leurs causes politiques, ni aux causes politiques de devenir les circonstances atténuantes d’actes violents », a-t-elle souligné.

Pang Po-kam a noté qu’Edward Leung Tinkei était resté dans cette zone dans la nuit du 8 février 2016, alors que la police avait ordonné à plusieurs reprises à la foule de partir. Il a ensuite pris part à un affrontement violent sur Argyle Street.

Près de 200 émeutiers ont affronté moins de 20 officiers de police non-armés.

Alors que les manifestants masqués ont jeté des briques et mis le feu à des poubelles, près de 130 personnes - principalement des policiers - ont été blessées dans la nuit du 8 au 9 février.

Pour Tse Tsz-kwan, le porte-parole de la police de Hong Kong, cette condamnation indique la gravité de l’affaire, ajoutant que toutes les poursuites se basaient sur des preuves. M. Tse a fait savoir que la police continuerait à suivre cette affaire et appliquerait fermement la loi pour mettre un terme à toute activité illégale.

Jusqu’à présent, 91 personnes ont été arrêtées en lien avec l’émeute de Mong Kok et 28 d’entre elles ont été condamnées.

D’après Starry Lee Wai-king, une législatrice et présidente du plus grand parti politique de la ville (la DAB, l’Alliance démocratique pour l’amélioration et le progrès de Hong Kong), cette « condamnation sévère était à prévoir », car certains émeutiers ont délibérément porté atteinte à l’ordre social par le biais d’actions violentes.

Elle a enjoint les jeunes personnes à ne pas se laisser facilement incitées.

Le jury n’a pas été capable de conclure un verdict sur les charges d’émeutes contre Lee Nok-man et Lam Ngo-hin - deux autres accusés - ni sur l’accusation contre Edward Leung Tinkei de participation à une émeute sur Portland Street, en lien avec les violences à Mong Kok.

Les juges de la Cour Suprême ont confirmé la tenue d’un nouveau procès, dont l’audience préliminaire a été fixée au 13 juillet.