Les parents chinois ont intensifié les cours extrascolaires pendant les vacances d’été, donnant aux enfants une charge de travail plus importante, alors que les établissements scolaires ont diminué les devoirs, montre une enquête.

Dans un sondage du China Youth Daily publié la semaine dernière, près de 60 % des parents affirment vouloir que leurs enfants améliorent leurs carences par le biais de programmes extrascolaires, et plus de la moitié envoient leurs enfants dans des cours particuliers pour rester au même niveau que les autres parents.

Liu Yuehan, une petite fille de 8 ans habitant à Beijing, participe à six cours extrascolaires pendant ces vacances d’été - en anglais, mathématiques, danse, piano, dessin et gymnastique - et elle poursuivra cet emploi du temps chargé après le début du prochain semestre. Ces cours supplémentaires ont lieu du lundi au samedi, avec seulement quelques heures de libres chaque jour pour faire ses devoirs scolaires et jouer.

« Je sais que ma fille subit une pression trop importante pour son âge, mais je ne sais pas quoi faire d’autre. Il y a tout simplement trop de cours extrascolaires et tout le monde s’inscrit », explique Wang Lijuan, la mère de Liu Yuehan.

Selon elle, les publicités pour ces cours sont omniprésentes : dans le métro, aux arrêts de bus et dans les ascenseurs.

« Tout le monde autour de moi envoie ses enfants dans des établissements privés de formation. Je ne peux pas m’empêcher de me dire que ce ne serait pas rendre service à ma fille, que de ne pas l’inscrire à ces cours », ajoute-t-elle.

Sun Liqiang, le père d’un élève de CM1 à Shijiazhuang dans la province de Hebei, a inscrit son fils à quatre cours particuliers, en anglais, en piano et deux en mathématiques.

« Je dois apporter à mon fils plus d’apprentissage extrascolaire pour l’aider à se démarquer de ses camarades et qu’il soit admis plus tard dans une bonne université. Je sais qu’il est très déprimé de ne pas avoir de vraies vacances, mais il vaut mieux qu’il prenne ces cours, plutôt qu’il reste à la maison et joue aux jeux vidéo », explique-t-il.

La moitié des personnes interrogées notent également que la plupart des enfants prennent ces cours contre leur gré et plus de 65 % disent espérer que les parents changent de point de vue en ce qui concerne l’éducation et soient moins anxieux.

D’après Yang Dongping, le doyen du think-tank 21st Century Education Research Institute à Beijing, les sociétés proposant des cours particuliers permettent de combler les carences, lorsque la qualité de l’éducation commence à être en retard par rapport à ce que proposent les institutions privées.

Selon lui, la vraie solution pour réduire la charge de travail sur les écoliers est d’augmenter la qualité de l’éducation scolaire : « Plutôt que de reprocher aux parents et aux fournisseurs de cours particuliers cette situation, la réorganisation complète du système éducatif chinois, qui se base sur les examens, offrirait une réelle solution et permettrait de réduire le fardeau qui pèse sur les étudiants. »